Barnabé Moinard

"Collages" in Exposition L'exil et le Royaume

Parcours


Collage, 2013

Introduction au travail de Barnabé Moinard

Avec Barnabé Moinard, la photographie pourrait être simple et directe, comme une évidence, dans le prolongement « normal » d’une certaine photographie objective et que certains photographes, très tranquilles, entretiennent avec talent. Mais il a décidé d’adopter une posture autre, plus singulière, plus intranquille. Cette idée de l’intranquilité chère à Fernando Pessoa,  dont le récit posthume nous offre une lecture désenchantée du monde avec une pointe de dérision, affirme aussi que la vie n’est rien si l’art ne vient lui donner un sens.

Cette démarche de l’intérieur apparaît dans le travail que Barnabé construit avec ses images, instantanées ou posées, qu’il considère comme des images vouées à murir. Adepte de la pratique du collage, plus ou moins longtemps après la prise de vue, il reprend, regarde, retouche, modifie, recoupe, transforme ses images, grâce à un fond d’images qui se remplit constamment et dans lequel il pioche.

Sa pratique du collage voisine avec une esthétique empruntée au graphisme (aplats de couleurs, ligne) et à la peinture (modelés, matière), apportant des tensions intéressantes entre ce qui présent ou absent, caché ou montrer, effacé ou redessiné, construit ou déconstruit. Quand je travaille, dit-il, j’essaye de suivre mon travail là où il m’emmène jusqu’à le faire dérailler en quelque sorte. Il s’agit pour moi d’être en permanence à la limite. J’aime chercher à dérouter le regard, à ne pas donner ce qui est attendu…

Sans titre, 2014
sans titre ,2014
sans tirtre, 2015