Laure Ledoux

« Lécher ses vertèbres» - Exposition Incarnats



Marine, série "Les yeux sombres", 2012


Introduction au travail de Laure Ledoux...

La photographie de Laure Ledoux est un objet rare car elle s’offre au regard généreusement. Une part d’évidence est là, sans détour. Cette jeune et talentueuse artiste de l’école Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles appartient à une génération de créateurs où le sentiment se substitue au concept, et où la nature humaine s’exprime en désirs. Souvent, l’artiste contemporain part du postulat que l’œuvre est une rencontre avec l’Autre (ce qui est vrai évidemment), et que cet Autre, le spectateur, doit participer à l’émancipation de l’œuvre et à ses développements sémantiques. Mais, si le spectateur se soustrait à cette réflexion attendue, faute de ne pas assez travailler comme le disait Nicolas Bourriaud dans Esthétique relationnelle en 1998, la rencontre échoue. Il ne se passe rien. Trois raisons à cela : le spectateur n’est pas celui qu’attendait l’artiste ; l’œuvre n’est pas assez ténue pour faire levier ; l’aura dont l’œuvre doit se colorer ne fonctionne pas. Au mystère et à l’étrangeté qu’elle doit dégager pour l’enrichir de réflexions, se substitue un message univoque, l’illustration d’une idée.   

La posture de Laure Ledoux fait exception à cette règle devenue courante dans les pratiques contemporaines. Ses photographies sont portées par une aura, celle-là même que développait Walter Benjamin dans sa Petite histoire de la photographie en 1931, mais à propos d’une image picturale (unique) par opposition à la reproductibilité technique de la photographie. Il disait qu’elle était comme l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité... lire la suite.

Aurélien, 2011
Série "Lécher ses vertèbres"

Ariane, 2011
Série "Lécher ses vertèbres"
Fleur, 2011
Série "Lécher ses vertèbres"
Fabien, 2011
Série "Lécher ses vertèbres"